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Soutien au documentaire « Brise-Lames » de Hélène Robert & Jeremy Perrin

Un voyage parmi les vivants et les morts dans le Japon de l’après tsunami

En mars 2011, un tsunami sans précédent frappe le Japon : vingt mille morts et une terre dévastée. Des profondeurs de la mer, les disparus reviennent hanter les vivants. Alors que se dresse un mur titanesque, un brise-lames contre la grande vague, des histoires de fantômes et de revenants se propagent le long de la côte japonaise. Le paysage de la reconstruction devient ce monde intermédiaire où le visible et l’invisible se confondent.

BRISE-LAMES est un film sur ce monde intermédiaire dans lequel le visible et l’invisible se côtoient. Suite au choc, l’homme réagit de manière irrationnelle. Le concret - la construction du mur - dialogue ici avec l’abstrait - les apparitions de fantômes - car ils sont tous deux la conséquence d’un traumatisme. De part et d’autre d’une frontière physique ou symbolique, ces deux récits racontent la vague et reflètent l’ambivalence de la société japonaise : sa quête de maîtrise absolue et l’acceptation d’un monde qui nous dépasse. Un paradoxe captivant que nous questionnons car il nous confronte à nos propres croyances matérielles et immatérielles.

Quelques mots de Hélène Robert, réalisatrice
« En 2014, je lis une dépêche AFP sur les rumeurs de fantômes au Japon. Après le tsunami, des centaines d’habitants ont été possédés par les esprits des personnes noyées ou décédées. Cette réaction suite à la catastrophe me semble tout à fait extraordinaire et pourtant elle ne l’est pas. Les Japonais ont toujours intégré les morts dans la société et accepté leurs manifestations dans le m onde réel, à tel point que la mort devient une variante de la vie, et non plus sa négation. Dans cette tragédie le contraste entre les deux dimensions est tout à fait saisissant, le « surnaturel » répond au « naturel », les corps vivants sont habités par les corps morts, physiquement, dans la chair. La parole ne suffit pas, il faut vivre, éprouver, ressentir cette violence de la catastrophe pour accepter la réalité du traumatisme.

Quelques mois plus tard, je me rends au Japon pour illustrer en photographie un essai littéraire de Richard Loyd Parry édité par les éditions Moyen Courrier, Les fantômes du tsunami. Je demande à Jeremy Perrin de m’accompagner pour enregistrer les entretiens. R.L Parry, journaliste vivant à Tokyo, a suivi le maître zen Kaneta qui exorcise des gens possédés par les morts du tsunami. Les histoires qu’il raconte sont aussi incroyables que stupéfiantes. Mais loin des anecdotes sensationnalistes relayées par les médias, le texte de Parry aborde l’expression d’une résilience et permet une autre lecture du traumatisme. Au-delà de la valeur sociologique indiscutable de ces témoignages, leur puissance dramaturgique et sensible a été une évidence et nous avons très rapidement imaginé un dispositif filmique pour les accompagner.

A la lisière du témoignage et de la fable, cette parole fait directement écho à notre approche cinématographique. L’envie de cinéma est née de ces récits, socles fictionnels d’un vécu documentaire. »

Hélène Robert est diplômée des Beaux-Arts. Photographe documentaire, elle collabore avec la presse écrite et l’édition. Son travail de l’ image investit différents champs du réel, comme des surveillants de prisons, des vierges consacrées ou des chasseurs corses.

Jeremy Perrin est formé en sciences politiques. Il se forge à l’écriture au sein de projets culturels et produit notamment une série radiophonique sur la nouvelle scène jazz. Leur désir documentaire s’est forgé autour de leur premier film A praga, La plaie, une traversée de Porto à partir de ses légendes animales. Ils continuent leur collaboration et expérimentent dans leurs films différentes formes de narrations.

DOCUMENTAIRE / FRANCE / 68 MINUTES / 2019

CONTACT
Jean-Baptiste Fribourg / 04 28 29 75 12
admin@lasocietedesapaches.

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