defaut 1. JMF - couverture

Exposition de l’artiste Jean-Marc Forax « Omoide — 思い出 »

du 13 avril au 30 mai 2026 à l’Atelier-Galerie Le Coquillage et l’Oreille à Nantes

Omoide — 思い出
Souvenir. Mémoire. Ce qui reste quand l’image s’est retirée.

Il y a dans la gravure quelque chose qui résiste au temps : non pas en le figeant, mais en portant sa trace. Le burin creuse, l’encre s’infiltre, le papier reçoit. Ce qui se transfère n’est jamais tout à fait ce qu’on avait prévu : une légère pression en trop, une fibre qui absorbe différemment, et l’image devient autre. C’est dans cet écart que vit la mémoire.

Omoide rassemble deux séries réalisées à quatre ans d’intervalle. La première, née en 2022, tourne autour du cinéma — non comme sujet illustré, mais comme régime du regard : le cadre, la lumière latérale, le hors-champ suggéré. Des images qui semblent déjà se souvenir d’elles-mêmes. La seconde s’attache à l’architecture religieuse japonaise, torii, sanctuaires, lignes de toits perdues dans le végétal. Des lieux traversés lentement, observés comme on observe un plan fixe, jusqu’à ce que quelque chose se dépose.

Les deux séries partagent une même source : des scènes de films qui ont laissé une empreinte, des photographies prises au cours de voyages au Japon. Des images-mémoires, déjà filtrées par le temps et l’émotion. Dans le processus de travail, ces sources sont peu annotées, peu analysées — elles ne servent pas de modèles à reproduire. On passe presque directement à la lino, à la main sur la matière. Des détails sont ajoutés, d’autres effacés. Ce que la gravure retient n’est pas ce que l’image montrait, mais ce qu’elle avait déposé.

Entre ces deux ensembles, pas de rupture, une continuité souterraine. Le même rapport au silence de l’image, à la densité du noir, à ce que la main grave sans tout à fait nommer. Le cinéma et le Japon partagent ici une même qualité d’attention : une façon de tenir le temps sans le retenir.

La linogravure, pratique manuelle et lente, impose son propre rythme de mémoire. Chaque tirage est unique dans sa répétition. Chaque empreinte porte la légère imperfection du geste : ce que l’image numérique ne peut pas avoir, ce résidu de présence.

Omoide est une exposition sur ce qui demeure : non les souvenirs reconstitués, mais leur texture, rugueuse, encrée, irréductible.

L’exposition rassemble deux séries de linogravures : l’une réalisée en 2022 autour du cinéma, l’autre plus récente consacrée à l’architecture religieuse japonaise. Entre ces deux ensembles, un fil commun : des images-mémoires gravées à la main, travaillées au plus près du souvenir plutôt que du modèle.

Vernissage le mercredi 16 avril à 19h : Jean-marc sera présent ce soir-là.

Atelier-Galerie Le Coquillage et l’Oreille à Nantes.
5 bd Adolphe Buillault, quartier Mangin — 44200 Nantes
Du 13 avril au 30 mai 2026

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